Friday, October 12, 2012

18 mai : Machu Picchu !

Je me réveille peut-être vers 3h30 au bruit des chutes et des rapides de l’Urubamba et somnole ainsi jusqu’à 4h35, où le réveil sonne. Le lever est facile, peut-être à cause de l’excitation montante de cette journée unique que nous allons vivre ? A 5h -5 nous quittons l’hôtel, laissant dans la chambre notre gros sac de voyage. Il fait encore nuit noire dehors. Dans le petit sac à dos, nous avons placé les snacks donnés par les gens de l’hôtel la veille au soir. Cela remplace notre petit-déjeuner.

La file d’attente au terminal de bus est peut-être d’une cinquantaine de personnes. Le premier bus quitte vers 5h30. Nous montons dans le 3e bus. Le trajet longe d’abord la rivière sur 1km puis une route sinueuse et vertigineuse à flanc de coteau nous monte vers le site sacré. Le jour se lève au fur et à mesure que nous passons les lacets. A 5h50, nous arrivons aux portes du sanctuaire, à 2400m d’altitude. Le site ouvre à 6h pile. Déjà un petit groupe d’aventuriers en herbe s’est formé. L’esprit est bon enfant et une certaine ivresse se dégage des visages.

6h, les portes s’ouvrent. Nous entrons avec ticket d’entrée et passeport. Nous suivons le chemin principal puis montons quelques instants à travers la forêt pour arriver sur une plateforme qui sera notre première vue du site : « Wow…. C’est ouf ! » Devant nous s’étend la cité inca encore déserte et endormie. Pas un souffle. Une montagne entière recouverte de pierres, d’ensembles de murs. A cet instant, la curiosité explose. On voudrait pouvoir tout savoir, comprendre l’histoire de cette cité sur laquelle se sont tissées de nombreuses légendes. Calme vert. Huayna Picchu stoïque face à nous. Nous nous asseyons sur un muret et ouvrons notre brique de jus d’oranges. Et si c’était ça, le luxe ?

Nous redescendons vers l’entrée du site pour passer aux toilettes – sans doute les toilettes les plus rentables du monde ! – et partons en direction du Huayna Picchu. Nous sommes inscrits dans le groupe de 7h du matin. 7h15, nous arrivons à l’entrée. 7h24, nous signons le livret et commençons l’ascension. Pour Ju, c’est le clou du voyage. Le big stress lié à sa peur du vide. A force de motivation et remotivation et après une montée raide et intense, nous atteignons le sommet. Avant d’atteindre le point le plus haut, nous passons par de petits escaliers sculptés dans la roche, puis dans un tunnel percé par les Incas. C’est impressionnant. Les falaises tombent à pic. C’est vertigineux ! C’est grandiose. Le panorama sur le site est intégral.

Nous ne ressentons pas la fatigue. Après une bonne semaine à plus de 3000m, nous avons grimpé très facilement jusqu’au sommet à 2700m ! Tout en haut, un groupe d’Américains squatte les quelques rochers en équilibre. Nous nous faisons une place parmi eux. Ils se mettent à chanter, parfois des chants religieux – sic ! Nous restons sans doute une demi-heure au sommet pour nous imprégner de la vue, du vertige de ce pain de sucre, de la folie architecturale inca !

La descente commence doucement. Certains passages sont tellement abrupts que je suis moi-même en situation de stress ! Nous allons lentement, sans trop regarder vers la vallée 900m plus bas. Escaliers sculptés dans la roche : les Incas avaient décidément de petits pieds. Heureusement une corde bien utile nous facilite la descente. Puis le chemin redevient facilement praticable. Nous quittons le secteur du Huayna, revenons sur le site principal, et après un court passage à l’entrée du site, nous allons nous reposer et reprendre des forces près du quartier des artisans.

Puis c’est parti pour la visite complète du site, jusqu’à environ 13h. Nous passons par tous les quartiers, prisons, artisans, populaire, nobles, agricole, religieux, Intihuatana, temple du soleil, etc. Petit à petit, le site se remplit.

A 13h, nous sommes claqués d’avoir crapahuté plusieurs heures comme des enfants, animés par un émerveillement neuf, décuplé à chaque découverte sur le site. Ce lieu est au-delà de toute imagination. C’est géant. C’est irréel et pourtant bien là. La limite entre légendes et histoire n’est pas claire. Machu Picchu restera toujours un mystère.

Alors que nous rejoignons l’entrée du site, il se met à pleuvoir. Bon timing ! Nous redescendons en ville et nous posons dans un restaurant plutôt « chic » pour célébrer notre journée – et aussi pour éviter de s’intoxiquer dans un mauvais restaurant. L’après-midi est relax, puis à 17h30, nous reprenons le train, cette fois-ci la tête pleine d’images aux couleurs vives, vers Ollantaytambo, où nous arrivons de nuit. Nous trouvons rapidement un hostel au pied des ruines.

 

Wednesday, October 10, 2012

17 mai : route d’Aguas Calientes. Machu Picchu D-1 !!!

Cette journée est plus tranquille. Notre train Perurail quitte la station d’Ollantaytambo aux alentours de 13h. Nous avons toute la matinée pour y aller. Le trajet est d’environ 2h. Après un bon petit-déjeuner dans l’hôtel que nous connaissons bien maintenant, nous partons à 9h pour le terminal d’Urubamba. Nous voyageons une fois de plus légers : nous avons laissé le sac d’artisanat péruvien et un autre sac à dos à l’hôtel. Sur l’avenue du terminal de bus, un chauffeur de collectivo nous propose de rejoindre directement Ollantaytambo pour S/ 10 par personne. Génial. C’est plus rapide, plus confortable. Nous montons à bord.

Nous arrivons avant 11h à Ollantaytambo. Nous en profitons pour faire un tour dans le village, construit sur l’ancien village inca. On peut voir beaucoup de vestiges incas, des murs de pierres anguleuses taillées à la perfection, des canaux au milieu des ruelles, des ruisseaux et des fontaines un peu partout. Les rues sont perpendiculaires, les blocs de maisons ont tous de grandes cours intérieures.

Nous revenons plaza de Armas et nous posons dans un café, où nous prenons un jugo et un sandwich. Le bar est tenu par une Péruvienne et une Américaine, sans doute en volontariat international. 12h40, c’est le départ pour la gare. Notre train est en fait un wagon. Nous entrons dans la gare passeport en main : cela peut paraître absurde, mais les Péruviens n’ont pas accès aux trains touristiques, qui sont aussi bien plus chers…

Le trajet dure 1h20, de 2900m à 1800m. Très rapidement, la végétation devient luxuriante. Le climat amazonien remonte très loin dans la vallée de l’Urubamba ! A Aguas Calientes, c’est la forêt tropicale, avec des lianes et des bananiers.

A peine sorti de la gare, on entre dans un marché artisanal malgré soi. Un vrai labyrinthe dont on peine à trouver une issue ! Le village n’a pas grand intérêt. Il est très touristique, pas beau, enclavé dans cette vallée étroite. La voie ferrée passe dans la rue principale, avenida de los Incas, où se situe aussi notre hôtel. Nous avons donc le choix entre le bruit du train et celui de la rivière – impétueuse comme une rivière européenne en crue. Nous choisissons la nature, et donc la rivière.

Nous nous promenons dans le village jusqu’à l’accès aux thermes. Nous prenons un pisco sour – qui n’en est pas un – dans un bar douteux, puis hésitons longtemps avant de manger dans un mauvais restaurant. A 20h30, nous sommes à l’hôtel, KO. Nous dormons rapidement. Réveil prévu à 4h30 le lendemain matin pour prendre un des premiers bus vers le Machu Picchu !

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