Thursday, September 29, 2011

Woody Allen avait tort: Paris sous le soleil (ou sous les étoiles), c'est quand même mieux !

Tout le monde se souvient de Midnight in Paris, le fameux film de Woody Allen d'avant l'été, avec une belle réflexion sur les époques. Woody de laisser entendre par l'intermédiaire de son héros qu'il est très agréable de marcher sous la pluie à Paris... Pour avoir testé les deux variantes (pluie/soleil), je l'annonce avec force, vigueur et discernement: Paris sous un beau ciel d'été est nettement plus agréable... 

Je marchai dans les rues du 9e arrondissement la musique de Cole Porter en tête, sous une fournaise qu'on détesterait en plein mois de Juillet, qu'on ne peut qu'adorer fin septembre, quand je vis soudain rue Cadet l'Hôtel de Hollande. QG de campagne de Hollande ? Peut-être bien... La rue Cadet: une rue qu'il faut voir absolument lorsqu'on vient à Paris. Une rue reliant la tradition d'agriculture française par ses nombreux primeurs à la tradition gastronomique par ses bistrots et restaurants. Une rue plutôt "terre-à-terre", diraient certains ? Même pas ! Au milieu de la rue s'élance une construction moderne, scientifique, élaborée au compas: le musée de la franc-maçonnerie. En face, une librairie vous fait rêver en présentant les Monsieur et Madame... Monsieur Nigaud, mon préféré ! 


Un peu plus tard, c'est le Paris (prononcer Pè-huis à l'américaine) de Woody et tant d'autres que j'explore, non loin de l'Institut d'Etudes Politiques plus communément appelé "Sciences Po". L'église Saint-Germain prend un bain de soleil inédit dans le ciel parisien. Elle est hâlée par toute cette lumière ingérée par son sacro-saint organisme. 


Un peu plus tard, je reverrai le célèbre clocher de Paris dans son habit de nuit, blanchi par la pâleur de la lune, assagi par tant d'années aux côtés du boulevard Saint-Germain, repu par des décennies de cohabitation face au café de Flore. Présent de vérité générale: Paris est beau la nuit.

Posted by Picasa

Tuesday, September 27, 2011

Owezahn in Paris

Une découverte intéressante cet après-midi: la promenade plantée... Une promenade toute en longueur de Bastille aux portes de Paris vers Vincennes... Nous l'avons prise jusqu'après Michel Bizot, pas loin du boulevard Daumesnil, où une passerelle enjambe un parc où l'on retrouve quelques diurnes en train de se prélasser au soleil. Que font-ils tous ceux-là ? Ou plutôt, que ne font-ils pas ? Pourquoi ne sont-ils pas au travail ? 


Peu importe les réponses à ces questions. On cherche le repos, le calme, l'isolement dans la convivialité d'un camp de fortune au soleil. Après un petit temps de promenade, si on testait les vélib' ? C'est mon premier tour à vélo dans Paris !! A Paris, à vélo, on dépasse... les autos ? Non. Mais les cars Air France, oui. Les véhicules de la voirie, oui. Le long du boulevard Daumesnil, je pédale et pédale comme un heureux gamin jusqu'à la rue Abel, pour déposer la bicyclette près du marché d'Aligre, peut-être rue de Charenton. Un café ?

Quelle idée de prendre un café viennois dans ce bar qui fait l'angle ! Les quelques calories brûlées par l'exercice de la journée sont regagnées assurément. En attendant, on se relaxe... owezahn... au soleil jaune orangé de la capitale, qui nous fait fondre comme des caramels mous dans un panier sur le radiateur d'un vieux zinc. 


Depuis notre fenêtre sur rue et non sur cour, c'est l'agitation parisienne que l'on observe, à vrai dire: rien. Pas un chat. Pas un moteur de mobylette ne tousse. Une actrice de cinéma passe avec son caddie. Elle sort des halles Beauvau où elle a acheté deux belles tranches de saumon et quelques légumes frais. La saison est à manger équilibré.


De l'autre côté, le zinc, aux allures de galerie d'art contemporain, fait sourire. Le café prend des allures populaires derrière les hauts tabourets en bois. On trinque à la santé de tous ces inconnus qui nous sourient. Nous, les diurnes, participons en consommant au PIB de la France. Alors... tchin tchin !!!

Posted by Picasa

Monday, September 26, 2011

Enquête dans ce Paris diurne

Pendant que tous ces gens travaillent enfermés dans un bureau, une grande tour, devant un écran d'ordinateur ou une machine à café, que se passe-t-il à l'extérieur ? En enquête dans ce Paris diurne et tant méconnu, j'ai trouvé des réponses. 

Paris, 14h30. Température extérieure: 30°c. 26 septembre. Eté indien. Le cadre est posé. Quel bonheur de devoir jouir de vacances forcées. Pendant que maintes personnes s'acharnent à faire fonctionner des programmes qui s'entêtent à buguer, pendant que certains s'apitoient sur leur sort, le vacancier forcé laisse aller la promenade vers des lieux et des situations inconnus. Rue Saint-Bernard, c'est un cordiste peut-être qui analyse la charpente d'un toit depuis le trottoir. Rue de Chanzy, ce sont deux plombiers sans doute qui sortent d'un pressing après y avoir résolu un problème quelconque. Boulevard Voltaire, des adolescents traînent près d'une boulangerie, se moquant de leurs camarades dans un chant de désœuvrement complet. Le supermarché rue Paul Bert est vidé de son affluence. Personne pour acheter fruits et légumes, charcuteries, produits d'entretien. Les diurnes préfèrent jouer les dilettantes au café.

Au Titon, à 15h30, la terrasse est bondée. Deux anciens collègues étoffant leur business plan discutent, un jeune affairé à des calculs mathématiques gribouille sur sa copie et deux mamans les berceaux à côté tchattent leur iPhone à la main. Paris fait la sieste. Paris dort d'un sommeil lourd. Paris rêve d'un été chaud. Et moi, dans cette atmosphère apaisante et ralentie d'un jour d'été assommant, j'erre, je trouve une ombre, un parc, et dans ce parc le sommeil dont tous les diurnes parisiens sont emplis.

Monday, September 19, 2011

Où aller faire pipi à Paris ?

C'est maintenant une réputation qui a fait le tour du monde : il n'y a pas de toilettes publiques dans les villes françaises, et quand il y en a, on les repère à l'effluve désagréable qu'elles dégagent. Vrai ou faux ? Vrai et faux... cela commence à changer, même si l'envergure des projets reste à "petite commission": on construit des toilettes appelées "sanisettes" accessibles directement depuis la rue, ne contenant qu'une toilette. Cela fait bizarre de se retrouver coupé de l'activité urbaine parisienne par une simple porte à fermeture automatique. On prie alors pour que leur système ne se dérègle pas. On est loin encore des superbes complexes de toilettes installés dans d'autres villes européennes (je ne citerai que Lisbonne et Vienne en exemple). On est loin aussi des recommandations hygiéniques : dans bien des cas, outre l'odeur désagréable, il manque toujours du papier et du savon, à croire que nous exportons la totalité de notre production de savon de Marseille et de PQ à l'étranger. (Nous ne parlerons pas ici de la balance commerciale déficitaire de la France)

Vient alors une question tout aussi naturelle que le besoin qu'elle mentionne: où aller faire pipi à Paris ? Après plusieurs promenades dans Paris, je me suis rendu compte que bon nombre de toilettes accessibles gratuitement s'offrent au badaud averti, bien que n'étant pas gérées par la ville de Paris. 

Dans le Marais, de belles toilettes sont à votre disposition à l'espace culturel suédois (rue Payenne). Il suffit de pénétrer dans la cour de l'hôtel particulier du 16e siècle (doté d'une belle toiture rénovée en 1965-70), d'entrer par la porte de gauche et de rejoindre l'étage inférieur par un escalier en bois. Au fond d'un couloir sur la droite, l'affichette WC indique qu'on y est presque. Derrière deux portes en bois, deux jolies cuvettes attendent dans la fraîcheur de leur jeunesse la personne pressée ou prévoyante. Papier et savon sont fournis, ainsi qu'un sèche-main. En quittant le lieu, on remarquera la prévenance suédoise: "merci d'éteindre la lumière en quittant le lieu". Faire ses besoins avec conscience écologique, c'est possible à Paris !

Un peu plus loin dans le Marais, le centre culturel suisse (rue des Francs-Bourgeois) invite le passant dans sa boutique et son centre d'art contemporain (au fond d'une impasse à droite). Dans les deux cas, ce seront de magnifiques toilettes sentant la fleur des Alpes qui vous accueilleront enthousiasmé. Les Suisses sont prévoyants et gentils. Grâce à eux, Paris fait sa toilette, même au coeur du Marais !

Après Beaubourg, on pense rejoindre une zone obscure et en travaux: le forum des Halles. Le coeur de Paris, défiguré par des travaux d'embellissement (il faut dire qu'ils avaient pas mal amoché le lieu par le passé). Celui qui pense que cet endroit ne possède pas de toilettes se trompe. Ce n'est pas en surface qu'il faut regarder, mais bien sous terre: l'escalator de l'entrée ouest du forum des Halles débouche sur le cinéma UGC. En entrant dans le cinéma, montez par l'escalator sur la gauche vers les salles 20, etc. Sur votre droite, vous verrez alors des toilettes en libre accès. Certes, la qualité suédoise ou suisse n'est pas de la partie. Le fin limier que nous sommes ne fait cependant pas la truffe difficile: la légère odeur de pipi mêlée à celle du sucre des pop-corns est acceptable, et le savon ne manque pas.

Peut-on finir sur une semi-victoire ? Non. Il faut aller plus loin. Plus loin, c'est au-delà de l'avenue de l'opéra, place Vendôme. Outre les bijoutiers et le ministère de la justice dans l'hôtel de Bourvallais, il y a le Ritz. Ritz Paris... le fameux hôtel de luxe où le prix des chambres dépasse l'entendement, peut-être même la décence ?
 

Si le prix des chambres y est cher, les toilettes sont, elles, gratuites. Quand vous entrez dans le Ritz (un portier fait tourner le tourniquet pour vous et vous salue, ne répondez pas, trop de sympathie envers ce simple valet d'hôtel pourrait susciter des soupçons), continuez tout droit dans le hall principal en passant devant un bar (accessible par une porte sur la gauche, où la tartelette aux fruits rouges est au prix de 27€ seulement pour un décor boisé chic), dépassez un salon sur la droite pour finalement arriver au bout du couloir à quelques mètres seulement de l'entrée d'un restaurant. Sur votre droite, de hauts miroirs signe indubitable de richesse cachent de magnifiques toilettes marbrées et dorées, où papier toilette, savon et serviettes foisonnent et vivent une parfaite amitié (photos à l'appui ci-dessous). Ici, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. Un robinet doré représentant dans sa plus pure ondulation le cygne du lac tousse l'eau moelleuse sur les pores de la peau adoucie. La promenade à la recherche de toilettes propres atteint le nec-plus-ultra. Et les plus chauvins de se faire gonfler: "c'est au coeur-même de ce qu'on appelle le luxe à la française que l'on trouve les meilleures toilettes !" Certes. Et si on chargeait le Ritz de la propreté des toilettes dans tout Paris ?






Posted by Picasa

Monday, August 01, 2011

Breaking news: Google Panda arrive en France !

Le panda a été surpris sur le balcon d'une résidence de tourisme dans la ville de Pornichet, près de la plage des Libraires. D'après des sources proches de Google, il séjournerait actuellement pour les vacances d'été dans la station balnéaire tant appréciée des Nantais.

Posted by Picasa

Wednesday, June 08, 2011

Welcome to Paris et autres élucubrations rocambolesques d'un voyageur politisé

Arrivée à Paris ! Pourquoi faut-il toujours que tout soit mieux ailleurs ? 

Cela commençait pourtant bien. J'étais remonté à bloc après avoir lu de Pierre Bergé le livre Liberté, j'écris ton nom dans sa quasi-totalité. Les bagages arrivent rapidement, à peine 5 minutes après l'atterissage, ce qui relève de l'exploit pour l'aéroport CDG. Les toilettes sentent la Provence. Mieux: un champ de lavande a été reproduit sur la porte et le mur des toilettes. De quoi donner envie à tous ces voyageurs ! Ca tombe bien: le lieu s'y prête tout à fait.

Puis on se dirige vers le RER B et là, une fois de plus, l'achat du ticket (8,90€) se déroule sans heurt. Prochain train? Dans cinq minutes. Direction: all trains go to Paris. Plutôt pas mal et sexy pour tous les touristes qui viennent dans cette amazing city qu'est Paris. Seulement voilà... pour se rendre sur le quai, avec un bagage qui très souvent dépasse les 20kg, on s'attend à avoir un amazing moyen de descendre sur le quai. Après avoir inséré le ticket dans la machine avec la troisième main (celle qui ne tient ni la valise, ni le bagage de cabine) puis passé la barrière exiguë, voici ce qui s'offre au touriste et vient en deux temps ternir l'image de la capitale française et de toute la France (nous sommes dans le pamphlet, il ne faut pas se priver d'en rajouter):

- en face, le touriste aura la possibilité de prendre un escalator à contresens, après avoir donné sur la droite une petite pièce au clochard.
- en U-turn, le touriste pourra utiliser l'ecalier, une bonne façon de faire un geste pour l'environnement et limiter le bilan carbone du voyage.
- en U-turn serré, et après observation prolongée des possibilités qui s'offrent à lui, le touriste pourra prendre l'ascenseur au bout d'une allée douteuse.

Quelle idée de ne pas daigner faire comme les autres !... J'opte pour la troisième solution. What a pee-ty !
La porte de l'ascenseur s'ouvre sur une odeur de pipi nauséabonde ! Le rêve français se réalise enfin - sic. Et je descends en escalier.

Début d'un cercle vicieux.

Le train est direct jusqu'à Paris Nord. Hourra !... On entre dans un train qui a tout ce qu'on peut imaginer de plus glauque: couleurs criardes, marques d'usure et de vandalisme partout, sièges lacérés, éclairage lamentable. Pas mal pour le pays qui fait la pub de ses trains dans le monde entier.... le fleuron de l'industrie française. On est déçu, on s'attendait à mieux. La configuration du train n'est pas faite pour accepter les bagages. Pourquoi est-elle faite? On peut se le demander. L'éclairage rend impossible la lecture, qui pourrait éviter bien d'autres agressions visuelles et temporelles. Je m'explique.

A peine partis à bord de ce RER B au nom incompréhensible à 4 lettres (système sûrement mis au point par un de nos ingénieux polytechniciens) on se retrouve à traverser ce que les hommes politiques français ont su faire de mieux depuis 1950, à savoir le plan d'urbanisme de la région parisienne. Des villages aux allures austères, des tags et des dommages présents sur chaque élément de l'infrastructure publique, des déchets ci-et-là cachés dans les mauvaises herbes. Se mêlent à cela les arrêts incessants sur la voie de notre train qui depuis le départ ressemble plus au tortillard qu'au fameux TGV, fleuron de l'indus...... Temps de parcours: 40 minutes pour rejoindre la gare du Nord alors que la distance pourrait être parcourue facilement en moins de 20 minutes. Indignez-vous ! Disent-ils. Je m'indigne. Je ne me satisfais pas de prestations lamentables. 

L'arrivée gare du Nord est peut-être le vrai atterrissage ? Le touriste encore allègre à l'idée de découvrir Paris, city of love etc, se retrouve dans un lieu qui ressemble plus à un trottoir après un bombardement qu'à une station romantique où flirtent tourtereaux et associés. Eclairage fonctionnant à moitié, recoins sombres, travaux sur la plupart des escalators, signalisation obsolète et obscure, policiers et autres militaires en mitraillettes. Welcome to Paris ! Le message de l'office du tourisme est bien passé, merci.

Puis on quitte cette jungle assommante, on en veut à tous ces gens qui nous dirigent et qui ont fait du Paris de l'époque et de sa banlieue un chaos, un tohu-bohu, un mélange explosif, qui a d'ailleurs explosé à plusieurs reprises. J'ai envie de dire: comme je les comprends ces jeunes parqués dans les banlieues qui n'ont accès à aucun cinéma, auncun musée, aucun lieu convivial à moins d'une demi-heure de RER de chez eux et ne trouvent rien de mieux à faire que de se rebeller contre le bien public ! Comme j'ai envie de dénoncer la suffisance de tous ces maires et députés de banlieue qui ont été incapables de rectifier le tir pendant toutes ces années. Comme j'ai envie de rendre publique l'antipathie que je ressens envers ces nantis qui préfèrent envoyer des flics plutôt que des instits dans des zones dévastées par un demi-siècle de mépris de l'Etat. Ils nous ont mis dans un sacré embarras... alors voilà, c'en est trop. Envoyons-les se dorer la pilule à un endroit où ils ne nous gêneront plus, et reprenons les rênes de ce qui nous appartient, nous est cher, et a été trop longtemps baffoué par un cercle de politiques corrompus, à savoir la liberté, l'égalité, la fraternité !


Monday, May 23, 2011

Erection, piège à cons !

C'est ce que titre le Canard Enchaîné cette semaine. DSK est présent sur toutes les chaînes de télé du Monde. On sait désormais ce qui fait de l'audience: jamais une action financère du FMI sur la Grèce ou l'Ethiopie ne ferait un tel tabac. Et pendant que les gens ont les yeux rivés sur... leurs écrans, on en oublie les filouteries de Christine Lagarde et Bernard Tapie. Ces zigotos s'autorisent des choses en dehors des milieux autorisés - chers à Coluche - et, alors que sa place serait devant un tribunal pour expliquer ses choix dans l'Affaire Tapie, voilà qu'on veut l'exiler aux USA remplacer feu DSK. Dans certains couloirs du FMI, on entend déjà des gens dire: "au FMI, qui monte la garde ?"

Les journalistes de BFM TV de dire que les TV américaines n'analysent pas les situations et sont plus dans le trip "breaking news"... ce soir sur BFM TV, on montrait déjà des images d'Anne Sinclair sortant puis rentrant, 3h plus tard (après analyse BFM TV), à son domicile, des médicaments dans un sac en plastique, pour son mari (analyse BFM TV). J'ai comme l'impression qu'on se paye la tête des téléspectateurs sur cette chaîne ! Entre des journalistes qui ne savent plus quoi relater et qui, dans leurs "analyses", font des fautes de français type CM2. Vive l'intoxication télévisuelle.

On passe à côté de l'essentiel: chaque mois, nous payons cher des députés (environ 11000€ par mois), des ministres (environ 18000€), et bien d'autres encore à copiner, à magouiller, à faire de la politique ( = créer des lois pour compliquer la vie des autres et simplifier la sienne... et favoriser ses amis). Qu'est-ce que cela nous rapporte, si ce n'est une dette publique encore plus élevée ?

Licenciés pour incompétence. C'est ce qu'il faudrait faire avec toute cette bande de zèbres. Les envoyer dans la jungle amazonienne... et encore ils seraient capables de s'en sortir plutôt bien: s'il est une loi à laquelle ils se soumettent, c'est bien la loi de la jungle.

Sunday, May 22, 2011

Saturday, May 14, 2011

Midnight in Paris

Très bon choix de musique dans Midnight in Paris, le dernier film de Woody Allen !

Wednesday, May 11, 2011

Jazz manouche à Charonne

Hier soir, hommage à Serge Gainsbourg à l'Atelier Charonne avec deux guitaristes de jazz manouche très bons...

Paris sous les guitares
De la Seine à Bastille
Il pleut en mesure des cordes
Des cordes du fa dièse au la

Le guitariste gratte là où
Le dos m'y démange
Je laisse deux doigts le long des cordes
Chatouiller l'harmonie des trémolos

La lumière apaisante et rouge ajuste
Les regards sur un corps dénudé
Les notes vivaces et tactiles
Laissent une eau rutilante s'écumer

Amas d'étoiles dans un ciel clair
Les vibrations des coeurs chantent une mélodie
L'eau à la bouche c'est une bougie
Mélancolique qui s'échappe sans dire adieu

Paris sous les guitares - à l'eau !
Larguez les amarres ! Et si les âmes
En peine pour de petits riens s'étreignent
Elles se retrouvent en paix au bord de la Seine


Posted by Picasa

Wednesday, May 04, 2011

Les condamnés - restaurant Polidor, Paris (prononcer à l'américaine)

Les condamnés... je ne parle pas de ceux qui ont commis un meurtre, un double assassinat ou un délit de liberté... C'est une histoire somme toute peu intéressante, mais qui mérite d'être racontée. Les condamnés, ce sont les pauvres gens qui ont la maladresse de se promener dans les rues autour d'Odéon, dans le 6e arrondissement. La mine presque réjouie, le teint admirable et l'humeur chantante. Ah! C'est ça, Paris, qu'ils disent partout... La rue Monsieur le Prince est déserte.... c'est agréable de trottiner le long de cette rue aux charmantes façades et aux vitrines fascinantes. Une terrasse ? L'envie soudaine de s'y poser. Deux américains y sirotent tranquillement une bouteille de champagne servie à température française, donc froid. "So this is Paris, darling... amazing city of beauty, of love.... of luxury... you know... Paris... five magic tremendous letters.... Oh my god, le feeling est si fort que... wow... I feel my heart beating faster and faster... gorgeous... marvelous..." Image apaisante que celle du couple de touristes prêt à débourser 150€ pour ressentir pareille excitation, tel enivrement, profonde ivresse !... Et si on se posait aussi ?
Important: la scène se situe rue Monsieur le Prince à Paris, 6ème., à la terrasse puis dans la salle du restaurant Polidor. Je répète: restaurant Polidor. Interrompant les Américains à leur effervescence, je leur demande: "sorry to disturb you, but how did you manage to get this bottle of champagne here ?" Important pour comprendre le contexte: le bar du restaurant Polidor, rue Monsieur le Prince à Paris 6ème, est fermé. Hors, il s'agit de la terrasse du café. "We got it from the restaurant (Polidor) !"... Merci merci... c'est à ce moment précis que la justice va opérer dans toute sa splendeur: les condamnés ne sont pas les criminels, mais bien les victimes. Nous entrons dans le restaurant encore vide et demandons à boire un verre en terrasse à l'instar de ces deux Américains. La serveuse, pour ne pas dire une mégère, nous reluque de bas en haut avec une tête de mite et dit, de sa voix la plus teigne: 
" - si ce n'est que pour une salade, ça va pas être possible... enfin attendez je vais demander à ma chef...
 Moi de dire sans être entendu:
- il n'est pas question d'une salade, nous voudrions boire un verre de vin en terrasse.
La chef arrive:
- ah non mais Monsieur, ça va pô êt' possible, vous comprenez...
- Nous voulons boire un verre de vin, ce n'est pas possible ici ?
- Vous comprenez bien que vous ne pouvez pas seulement pour un verre...
- Ah ? Vous ne servez pas les Français ici ? Il faudrait peut-être que l'on soit Américains ?
- Ce n'est pas ça - sic ! - mais vous comprenez qu'il faut prendre un menu complet et même plus pour être en terrasse.
- Vous refusez de nous servir car nous n'allons pas consommer assez ? 
- Ce n'est pas ça mais vous comprenez....
- C'est bon, on se casse. Il y a vraisemblablement délit de faciès ici..."

Paris city of love, of beauty, everything is so amazing, marvelous, beautiful in Paris... When I look at LV bags, I can't keep myself from buying one of those.... Oh god...! What a lovely restaurant up there ! Look, darling... how lovely and so Parisian it looks like, why don't we get a bottle of Dom Perignon or whatever overthere, on that small tiny cozy terrace? And so on...

Heureusement, un peu plus loin rue Monsieur Le Prince toujours, après ce pathétique restaurant Polidor qui exécute les clients avant de les avoir jugés, il y a un autre bar à vin, de surcroît bien plus sympathique et chaleureux, accueillant les gueux refoulés plus bas dans la joie, la liesse et un brin de frivolité à l'image des faubourgs parisiens.... de quoi aimer Paris.

Friday, April 29, 2011

La vie parisienne

C'est une opérette hilarante d'Offenbach !... la vie parisienne... du moins comme on pouvait vivre Paris à l'époque d'Offenbach... la bonne franquette à la française, la fantaisie, du tralala et pas de pacotilles: on s'assied à la table d'hôtes quelle que soit sa condition, on fréquente les bordels sans état d'âme, on se laisse berner par des entremetteuses. Quelle life a dû avoir Offenbach !!!... Et puis il y a la vie parisienne telle qu'on la voit, la vit, la subit aujourd'hui. Où la folie de l'époque s'est-elle envolée ? Le Paris qui se voulait fou-fou paraît maintenant si noble et rangé. Escapade près des Champs-Elysées.... le pire coin de Paris: ici, tout n'est que luxe. Baudelaire n'en croirait pas ses vers: en ce lieu devenu non-lieu, luxe ne rime ni avec ordre, beauté, calme ou volupté. Au coeur de la capitale française - ouvrez grand vos oreilles - le capitalisme a vomi ce qu'il a de plus moche dans tout le quartier: des magasins de luxe tous plus inaccessibles les uns que les autres, des gens hautains et arrogants, vaniteux et nonchalants comme Zola ne les avait jamais imaginés, des rues vidées de leurs commerces. Dans ma bête ignorance, je demande à un serveur de restaurant: "Où y a-t-il une boulangerie dans le coin, s'il vous plaît ? Réponse désabusée de l'homme usé par trop de touristes rapaces: - ça fait longtemps, Monsieur, qu'il n'y en a plus une... dans toutes les rues alentour." On est à Paris oui ou m*@!e ?

Retournant, consternant... petit au milieu des hôtels particuliers, des hôtels alignant étoiles et tapis rouges, des boutiques de renommée internationale qui font des lettres L et V l'emblème du luxe à la Française, je meurs de faim. Comment se nourrissent les habitants de ce quartier ? Première erreur: croire que ce quartier a des habitants. Sans doute s'agit-il de stars, peut-être américaines, comme on peut les voir dans Somewhere - de Sofia Coppola. Ensuite, ils disposent tous d'un majordome et d'une voiture luxueuse pour aller chercher à manger ou les emmener dans un des restaurants les plus chics de la ville. Le Paris que les stars disent tant aimer, ce Paris les stars l'ont tué.

Fort heureusement bon nombre de quartiers de la capitale ne sont - pas encore - transformés par le luxe capitalistique à outrance !... En s'entassant dans le pire des cas à plusieurs dans un appartement deux pièces, il est possible de vivre dans cette jungle exubérante et parfois il est vrai, un peu euphorisante qu'est Paris. Euphorisante pourquoi ? La concentration en ozone, oxydes de soufre et autres polluants de l'atmosphère d'Ile de France a-t-elle un effet secondaire sur le comportement des êtres humains ? Peut-être bien... en attendant un monde meilleur qui ne viendra jamais, réjouissons-nous du passé ! La vie parisienne d'Offenbach... Des chansons jazzy du bon vieux 20e siècle au Petit Journal Montparnasse... Si on peut imaginer comment c'était avant, on préfère ne pas imaginer comment ce sera après: à quand un concert de street rap non censuré au Théâtre des Champs-Elysées ?


La jeunesse n'a plus le choix aujourd'hui: la société de consommation dicte sa loi, incite au crime et diffuse indirectement l'illettrisme. Le combat est semblable à celui des prolétaires au début du 20e siècle: "jeunes de tous les pays, unissez-vous !"... L'unique différence étant qu'aujourd'hui, les rangs sont anesthésiés par des piqûres de TF1, M6, télé-raëlités et autres Universal. A tous ceux qui contribuent à notre perte, merci.

Wednesday, February 09, 2011

Sardanapalisme quand tu nous tiens...


Une pièce hilarante et vive de Jean Anouilh ce soir à la Comédie des Champs-Elysées. Entre bouffonnerie exceptionnelle et critique acerbe du monde contemporain et de l'individualisme exacerbé, Anouilh nous fait tordre de rire et passer un agréable moment. Pascal, Corneille, Racine, Molière ? Qu'importe ! C'est votre avis à vous que je voudrais connaître. La vie parisienne sardanapalesque des snobinards de l'époque en prend un coup. Peu importe pourquoi on rit, on s'amuse des situations, on pouffe de rire à chaque réplique... le nombril, à voir absolument !
Posted by Picasa

Wednesday, February 02, 2011

Klavierabend am Champs-Elysees Theater...

Non loin du pont de l'Alma et de l'avenue Georges V, dans un quartier dénué de toute boulangerie et tout superflu qui fasse populaire, un repère pour les gens de musique: j'ai bien nommé le théâtre des Champs-Elysées. Il partage les murs avec le Crazy Horse. Toutefois ce soir, ce ne sont pas des femmes mais bien Schubert qui a été mis à nu par un artiste hongrois virtuose: Schiff András, présenté à la hongroise. Passé mi-janvier au Musikverein de Vienne, il est venu ravir le public parisien et a offert deux Zugaben à la fin.

Au programme: des moments musicaux, des impromptus, des Klavierstücke... au rythme apaisant et sensible, tranchant et pointu... propices à la création et aux idées nouvelles. Le silence. Enfin un lieu silencieux. Le silence est d'or. Jamais cette phrase n'a trouvé de plus vive démonstration qu'à Paris. Le métro, les boulevards, les réunions, la boulangère, le bruit de la machine à café dans la brasserie. Nos oreilles n'ont pas un moment de répit. Lorsqu'on croit avoir enfin du silence, voilà qu'on nous le pique par un nouveau bruit. Les voleurs de silence sont nombreux par ici. Faites une pause, une demi-pause, un soupir !... Est-ce trop demander ? Ce soir, enfin, j'entends ce silence, je l'apprécie. András en est le maître. Ses mains talentueuses frôlent les blanches mais il sait que cet instant sans note anime la corde sensible, renforce la musicalité, l'harmonie de son Stück et il attend. L'attente est silence. L'attente est d'or.

Le théâtre a une architecture généreuse à l'intérieur de la salle et de jolies fresques au plafond. L'acoustique y est très bonne. C'est la première fois que je fréquente un concert de musique classique depuis que j'ai quitté Vienne, depuis mon accident. Les souvenirs de tant de concerts viennois, de symphonies et de sonates au clair de lune dans les Gassen de l'Innere Stadt me reviennent. Wien habe mich irgendwie geprägt?... András enchaîne les notes avec aisance et reste implacablement concentré sur l'oeuvre qu'il fait renaître et remodèle à chaque mouvement de doigt. Entre deux notes j'imagine un scénario de film dramatique. L'histoire d'un pianiste privé pour une raison non encore imaginée d'une de ses mains... je ne vais pas tout raconter ici, on ne sait jamais qui peut lire... plus peut-être dans quelques années au cinéma ?
On sort apaisé de ce concert, vivant et relâché. On remercie le maître comme il se doit. On salue une dernière fois la Tour Eiffel avant que le temps nous attrape en double file. A-t-on bien le choix ? Le bruit, les gargouillis parisiens sonnent au tympan mais stop ! On se souvient, on se rappelle... le concert, la mélodie, les Stücke, les vibrations, les larmes désarmées, les harmoniques... et entre tout ça, le silence... et dort...

Posted by Picasa

Wednesday, January 12, 2011

Colère à Voltaire, indignation à Nation, champagne rosé à l'Elysée !

Ce pourrait être un slogan des grévistes que l'on voit défiler à l'arrivée du printemps sur le boulevard Voltaire. Ce soir, le boulevard est calme. Personne ne défile. La colère et l'indignation ne manquent pourtant pas. 

Après un film très sympa, "le nom des gens", où une fille décide de coucher avec les hommes pour qu'ils changent de bord politique, le débat a continué sur France 2 en présence notamment d'Alain Madelin - un homme politique consternant et de surcroît un piètre économiste. Comment peut-on aujourd'hui défendre le système capitaliste au vu de tout ce qu'il a apporté ? Pire, au vu de tout ce qu'il n'a pas apporté ? Une minorité de plus en plus riche commande une majorité de plus en plus pauvre. La minorité riche est à la tête d'un lobby puissant. La majorité pauvre voit le rêve capitaliste bien marketé pendant des décennies s'étioler. Alain Madelin, sans trucage: "le plein emploi existe.... bon d'accord, pas pour tous". Un plein emploi qui ne concerne pas les chômeurs est-il le plein emploi ? Le vocabulaire m'aura trompé durant toutes ces années. 

Plus tôt dans la journée, Laurence Parisot, éminente femme à la tête du MEDEF, dit au journaliste: "il est maintenant prouvé que les 35h sont à l'origine des délocalisations". Intéressant. Développez. Elle n'a pas développé, fort heureusement pour elle. Un peu plus loin, elle a encore dit (sans trucage): "tout le monde le sait, la croissance apporte l'emploi". Une fois de plus, sort-elle cela d'un bouquin d'économie, à la page loi d'Okun ? C'est sans doute cela. Cette loi empirique, établie grâce à l'envie de certains économistes de tout corréler linéairement dans l'économie et admise par certains hommes politiques comme la résurrection du Christ par les Chrétiens catholiques, fait sortir des sottises. L'économie n'a pas besoin de croyants. Si travailler plus de 35h par semaine, comme Madame Parisot doit sûrement le faire elle-même, amène les gens à dire des choses pareilles: pimpon ! Sachez prendre un peu de bon temps pour laisser refroidir vos neurones ! Depuis au moins trois décennies, on parle de croissance pour réduire le taux de chômage. Résultat: si la croissance était souvent au rendez-vous, le taux de chômage - réel, c'est-à-dire non obtenu par les multiples réformes de décompte des chômeurs - n'a cessé de grimper. 

Si le chômage augmente, c'est en grande partie à cause de la perte de confiance et de loyauté dans le capitalisme. Certains comme Madelin pensent qu'il faut vivre avec le monde qu'on a et critiquent le pessimisme de ceux qui veulent tout changer. Le côté paradoxal de ces propos ne saute-t-il pas aux yeux ? Je considérerais plutôt un Madelin comme pessimiste dans sa vision réaliste et tragique du monde où rien ne peut changer. Ce type fait définitivement partie des poubelles de l'histoire - sans doute une grève des éboueurs politiques l'aura encore épargné. La vision optimiste, n'est-ce pas justement celle de dire que rien ne va, que tout est à changer, à améliorer, à refonder ? Un travail passionnant de rassemblement se profile, de combat pour la mise en place d'un monde plus juste - non, je ne vais pas annoncer ma candidature aux primaires du PS, même si j'y pense tous les jours depuis longtemps (sic!). 

L'optimisme naît de l'indignation. Si le système capitaliste actuel peut s'effondrer, si une société à l'économie bâtie sur des valeurs sociales peut voir le jour, les bulles financières se verront remplacées par celles du champagne rosé. Santé !

Wednesday, December 29, 2010

Think pink (panther)

Sur les traces de la panthère rose... Mon imagination s'embrase, incendie de forêt impromptu. Je la guette assis sur mon tabouret de bar, épiant le passage régulier à la caisse de personnes nonchalantes. Il pleuvait rue des Ecoles ce soir à Paris. Pleut-il encore ? Le rouge amoureux des fauteuils de la salle a séché les larmes et bien vite je m'oublie. Palpitations. Nous sommes en 1963. Blake Edwards se cache au fond du cinéma, pétri par l'angoisse du bide. Et si ça ne plaisait pas au public ? Pensait-il à cela lors de la première projection ? Qu'adviendrait-il de lui, de son comique de scène hilarant, de ses angles et prises, de ses histoires alambiquées ? Si le trac s'est effacé, la bobine, elle, est bien là. Let the show begin. La pink panther éteint les lumières, seules les lumières de Paris restent jaunes. Le long du quai près de l'île Saint-Louis, les réverbères sont des lucioles romantiques brûlant par amour de la nuit. Ils s'éteignent à l'aube exténués. Sur les pavés, on devine leur halo alcoolisé battre au rythme de la bruine. Les gouttes s'épanchent le long de leur structure, laissant un sentiment veineux. Les ponts sont des animaux nocturnes. Tandis que la Seine sans cesse en leur pied les chatouille, ils restent cambrés impassibles, craquellent en silence et bêtes sombres dans la nuit claire ils fascinent. 
Sensation de déjà-vu ? A l'approche de Saint-Paul ce portail. Je sais qu'une cour admirable s'y dessine au-delà. Je sais qu'une terrasse romaine, un vase, un patio avec des chaises de jardin s'y cachent aussi. Je connais ces rues, je crois savoir qu'elles recèlent de trésors architecturaux, d'une ambiance chaude et reposante. 1963... tout semble être resté intact. Et pendant ce temps, à Cortina d'Ampezzo....

Wednesday, December 22, 2010

Quelle aventure !

La nuit commence à tomber sur Paris... 17h30... je descends la rue du Sentier puis bifurque direction rue Montmartre. Je traverse, passe devant un traiteur chinois et me retrouve rapidement place de la Bourse, au pied de l'AMF. Non, je ne m'arrête pas ici mais continue à l'insu de tous par la rue Saint-Augustin.Je suis la rue jusqu'au bout, pris de vitesse je ne me souviens d'aucune vitrine. Arrive alors un boulevard dégagé comme on les aime à Paris. A gauche, dans une brume hivernale, la toiture du musée du Louvre. A droite, les muses de l'Opéra scintillent en choeur. Je traverse bouleversé versé sur la chaussée et infiltre de nouvelles petites rues avec un foisonnement de petits commerçants. Un boulanger indien me sourit au passage. Pas le temps. Je tourne à gauche pour rejoindre une place que je traverse comme un incendie de pipeline russe. Je me retrouve dans une rue étroite au nom à rallonge. Où vais-je maintenant? Carrefour. Pour m'orienter, je regarde le nom de la rue perpendiculaire: "Saint-Honoré". Ca y est, je suis arrivé !
Puis la promenade reprend en mode calme. En deux temps nous rejoignons la rue de Rivoli. Une escapade aux Tuileries ? Non: le parc est fermé à 19h. Nous longeons alors jusqu'au Louvre, passons devant la pyramide. La brume s'est densifiée. La roue place de la Concorde est une auréole d'ange de l'Avent. Le Louvre est fantomesque, la pyramide une gare pour égarés hagards. Nous pénétrons le Manoir, en traversons la cour, en sortons épistolaires stellaires. Le Paris lancinant, la rue de Rivoli est une dentelle de ravioli: on la retrouve à chaque tournant. Les boutiques s'enchaînent en chaîne, les passants passent et repassent. Toujours les mêmes, deux pieds, deux jambes et des visages, tantôt raidis tantôt radieux. Mais ces visages... on les découpe d'un oeil Picasso, on les met à rude épreuve. Hôtel de ville, BHV... le toit étiolé est étoilé ! A son pied le flot métallique en verve, l'activité volcanique amoureuse et sauvage. Sans peine et sans hâte on arrive déguisé à Saint-Paul, plumes de canard sur le torse et champagne sur le dos. L'aventure parisienne peut alors commencer.