Tuesday, May 25, 2010

Up in Lyon: un four total en plein centre-ville lyonnais !

Je me suis promené hier en journée et le soir entre le pont Lafayette et la place de la République. Le lieu ressemble à peu près à une ville fantôme américaine des westerns, à la différence près que dans la ville fantôme, il y a encore un saloon d'ouvert. Nous sommes pourtant en plein centre-ville lyonnais...

Je n'avais pas mis les pieds à Lyon depuis 4 ans. Les vitrines de ce quartier sont taguées d'une illusion du luxe où il est écrit "up in Lyon"... Qu'est-ce qu' "up in lyon", ce nom si aguicheur qui ne produit que misère? C'est le nom qu'a donné une entreprise immobilière au quartier Grolée qu'ils ont pratiquement racheté dans son ensemble. Shaftesbury Asset Management, un real estate américain co-dirigé par un certain Miles d'Arcy et son acolyte francais Philippe Camus, un ancien de l'Ecole Normale Supérieure.

"Up in Lyon" loue au prix américain le mètre carré lyonnais. Résultat: "up in Lyon" est un four total et conduit le quartier tout droit "down to hell". Quand je pense que la rue Carnot pourrait abriter de nombreuses guinguettes et petits bistrots sympas dans une ambiance francaise aussi recherchee par les touristes... On aurait pu rendre la rue zone piétonne, avec des terrasses et des lampions partout. Mais on a fait mieux: la rue déserte fait penser à cette pub Lancel avec Vanessa Paradis: "Place Vendôme, minuit". Place au luxe froid, apportant vide et tristesse!

C'est lamentable et révoltant de voir qu'une fois de plus, on pense aux intérêts privées au lieu de penser aux habitants du quartier et de la ville. Comment peut-on en tant que Maire d'une ville faire une erreur pareille? L'heure est grave, d'autant plus que ce même real estate a acheté la société des docks lyonnais, en charge d'un autre quartier de Lyon... Quid des appels d'offres? Pourquoi le Maire de Lyon ferait-il à deux reprises la même erreur stratégique?

En tout cas, on peut remercier toutes ces personnalités de l'ombre - le Figaro Magazine dont c'est la saison ne les mentionne pas - de contribuer à la mort du centre-ville. Personne ne semble râler ici, l'anesthésie est ce que les marchés financiers sont à la mondialisation, générale.


Grolée, futur quartier de luxe ? (Lyon)
envoyé par telelyonmetropole. - L'info video en direct.

Friday, May 21, 2010

An der schönen blauen Rhone - Le beau Rhône bleu

Cette journée était propice à la promenade le long des berges du Rhône. Un peu comme Strauss a écrit le beau Danube bleu, le Rhône prend une allure de Danube sous le ciel ensoleillé et rappelle cet air de valse exquis viennois. Le charme de Lyon réside dans ses deux fleuves. Les berges malheureusement vides et malodorantes pourraient accueillir paillotes, chaises longues et guinguettes! Ce serait magnifique... en attendant, il est intéressant de photographier les lignes. Les lignes des ponts, la sinuosité des berges sont des éléments intéressants de l'architecture lyonnaise.





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Thursday, May 20, 2010

Histoire d'Elégance

Histoire d'élégance, c'est une histoire d'intérieur. C'est une histoire qui va du rez-de-chaussée au quatrième étage des Grands Magasins. Pourquoi les parfums sont-ils toujours au rez-de-chaussée ? Sans doute histoire d'élégance... Et quand on arrive au troisième étage, c'est l'élégance de la table, une mise en scène magique et chaleureuse qui s'offre au curieux amateur de sensations colorées. L'art de la décoration de table, de la nappe à carreaux Vichy au vase alambiqué, s'accompagne gaiement de l'art floral. L'ikebana au Printemps? Cela peut paraître exagéré. Observez les vendeurs et vendeuses mettre en place chaque brin, chaque fleur, vous acquiescerez.
Il y en a pour tous les goûts. Vous désirez? Des couverts verts ou rouges? Des oranges? Des violets? C'est par ici et un choix presque indigne de notre temps s'offre à nos yeux. Quelle opulence, quel choix! Tous les fantasmes sont ici traités avec raffinement et parcimonie. Et pour ceux qui ne sont pas dans leur assiette, il en existe avec des représentations d'hommes célèbres... vu Arthur Rimbaud... manger sur son visage? et si tous ces parfums faisaient frissonner sa narine? La poésie française en tremblerait, pour sûr! Histoire d'élégance histoire d'être élégant est une histoire à prendre avec des pincettes... rouges? vertes ou oranges? violettes? Peut-être roses.







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Une victime au pays de la mode...

Je me promène, je me promène, je me promène... et ça me change les idées. J'observe les passants, je cherche le beau, fais les vitrines et ça m'occupe. Il y a la mode, il y a les modes - observation, analyse, chasse, enquête. Au détour d'une rue, je passe devant une boulangerie. Quel est le goût du pain au chocolat ici ? La France apporte les turpitudes les plus invraisemblables et l'inconscience de la séduction. Pas de pain au choco maintenant ou c'est le passage obligé par la taille supérieure. On en voit une passer la taille mannequin et c'est bon: retour dans le droit chemin, même si tout semble aller de travers. Les affiches, les panneaux publicitaires, têtu la fashion en tête, c'est le Printemps. Dans les vitrines carrées, rectangulaires, transparentes, l'idéal se vend au prix qu'on adore - j'adore. Des montres aux parfums en passant par les foulards en vogue, je cherche le trésor, l'objet charnel qui me donnera de l'allure - homme sport ?...



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Tuesday, May 11, 2010

...dans les planches glissantes...

(...)
Il est toujours bon de relativiser ce qui se passe dans la vie. C’est un peu ma devise cachée. Si je ne la suivais pas, il y a belle lurette que j’aurais sauté par la fenêtre ! Les trottoirs des villes ne seraient pas fréquentables. L’âme saturnienne aux abois, Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville. Verlaine. Laisse-moi ce plaisir de t’écrire les lignes qui suivent. Le temps est gris, les façades sont grises et les gens aussi, s’ils ne sont pas grisés. On est lundi matin. Je me regarde dans le miroir de la salle de bain. Tout le monde est parti, je suis seul dans l’appartement. Je vois mon visage mal rasé. Salut, poupée. Je ne suis pas belle, ce matin.
(...)
Me prendre pour un héros obscur d’un chef d’œuvre cinématographique ? Clairement j’opterais pour la deuxième solution. Et cela peut paraître surprenant : Truffaut aide à relativiser.
Se laisser raconter des histoires par les anciens de sa famille, cela aide aussi. Je me rappelle il y a à peine deux mois au téléphone lorsque ma grand-tante de 95 ans me raconta l’Armistice. Son Armistice. Les bouquins d’histoires ne se préoccupent guère de la vision de la petite fille de trois ans. Elle était dans les jupons de sa mère, la voyait s’affairer à droite et à gauche, déplacer les meubles, préparer des plats, enrouler les tapis. Ce soir, nous allons faire la fête, mon cœur, lui dit sa mère à la chevelure resplendissante. En effet, plus tard un Monsieur arriva. Ce Monsieur dansa follement avec sa mère, ce Monsieur était joyeux et avait un air honnête. Ce Monsieur, elle le regardait avec considération et se dit qu’elle pourrait l'aimer comme son père. Ce Monsieur fut le premier souvenir de son père, inscrit dans sa mémoire à l’instar de hiéroglyphes gravés dans la pierre d’un tombeau pharaonique. Quelle taille donner à mes histoires face à des souvenirs de cet acabit ? Voyez que je relativise !... Cela fait du bien, me calme. C’est une sorte de drogue douce pour cerveaux tracassés.
(...)