Thursday, September 29, 2011

Woody Allen avait tort: Paris sous le soleil (ou sous les étoiles), c'est quand même mieux !

Tout le monde se souvient de Midnight in Paris, le fameux film de Woody Allen d'avant l'été, avec une belle réflexion sur les époques. Woody de laisser entendre par l'intermédiaire de son héros qu'il est très agréable de marcher sous la pluie à Paris... Pour avoir testé les deux variantes (pluie/soleil), je l'annonce avec force, vigueur et discernement: Paris sous un beau ciel d'été est nettement plus agréable... 

Je marchai dans les rues du 9e arrondissement la musique de Cole Porter en tête, sous une fournaise qu'on détesterait en plein mois de Juillet, qu'on ne peut qu'adorer fin septembre, quand je vis soudain rue Cadet l'Hôtel de Hollande. QG de campagne de Hollande ? Peut-être bien... La rue Cadet: une rue qu'il faut voir absolument lorsqu'on vient à Paris. Une rue reliant la tradition d'agriculture française par ses nombreux primeurs à la tradition gastronomique par ses bistrots et restaurants. Une rue plutôt "terre-à-terre", diraient certains ? Même pas ! Au milieu de la rue s'élance une construction moderne, scientifique, élaborée au compas: le musée de la franc-maçonnerie. En face, une librairie vous fait rêver en présentant les Monsieur et Madame... Monsieur Nigaud, mon préféré ! 


Un peu plus tard, c'est le Paris (prononcer Pè-huis à l'américaine) de Woody et tant d'autres que j'explore, non loin de l'Institut d'Etudes Politiques plus communément appelé "Sciences Po". L'église Saint-Germain prend un bain de soleil inédit dans le ciel parisien. Elle est hâlée par toute cette lumière ingérée par son sacro-saint organisme. 


Un peu plus tard, je reverrai le célèbre clocher de Paris dans son habit de nuit, blanchi par la pâleur de la lune, assagi par tant d'années aux côtés du boulevard Saint-Germain, repu par des décennies de cohabitation face au café de Flore. Présent de vérité générale: Paris est beau la nuit.

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Tuesday, September 27, 2011

Owezahn in Paris

Une découverte intéressante cet après-midi: la promenade plantée... Une promenade toute en longueur de Bastille aux portes de Paris vers Vincennes... Nous l'avons prise jusqu'après Michel Bizot, pas loin du boulevard Daumesnil, où une passerelle enjambe un parc où l'on retrouve quelques diurnes en train de se prélasser au soleil. Que font-ils tous ceux-là ? Ou plutôt, que ne font-ils pas ? Pourquoi ne sont-ils pas au travail ? 


Peu importe les réponses à ces questions. On cherche le repos, le calme, l'isolement dans la convivialité d'un camp de fortune au soleil. Après un petit temps de promenade, si on testait les vélib' ? C'est mon premier tour à vélo dans Paris !! A Paris, à vélo, on dépasse... les autos ? Non. Mais les cars Air France, oui. Les véhicules de la voirie, oui. Le long du boulevard Daumesnil, je pédale et pédale comme un heureux gamin jusqu'à la rue Abel, pour déposer la bicyclette près du marché d'Aligre, peut-être rue de Charenton. Un café ?

Quelle idée de prendre un café viennois dans ce bar qui fait l'angle ! Les quelques calories brûlées par l'exercice de la journée sont regagnées assurément. En attendant, on se relaxe... owezahn... au soleil jaune orangé de la capitale, qui nous fait fondre comme des caramels mous dans un panier sur le radiateur d'un vieux zinc. 


Depuis notre fenêtre sur rue et non sur cour, c'est l'agitation parisienne que l'on observe, à vrai dire: rien. Pas un chat. Pas un moteur de mobylette ne tousse. Une actrice de cinéma passe avec son caddie. Elle sort des halles Beauvau où elle a acheté deux belles tranches de saumon et quelques légumes frais. La saison est à manger équilibré.


De l'autre côté, le zinc, aux allures de galerie d'art contemporain, fait sourire. Le café prend des allures populaires derrière les hauts tabourets en bois. On trinque à la santé de tous ces inconnus qui nous sourient. Nous, les diurnes, participons en consommant au PIB de la France. Alors... tchin tchin !!!

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Monday, September 26, 2011

Enquête dans ce Paris diurne

Pendant que tous ces gens travaillent enfermés dans un bureau, une grande tour, devant un écran d'ordinateur ou une machine à café, que se passe-t-il à l'extérieur ? En enquête dans ce Paris diurne et tant méconnu, j'ai trouvé des réponses. 

Paris, 14h30. Température extérieure: 30°c. 26 septembre. Eté indien. Le cadre est posé. Quel bonheur de devoir jouir de vacances forcées. Pendant que maintes personnes s'acharnent à faire fonctionner des programmes qui s'entêtent à buguer, pendant que certains s'apitoient sur leur sort, le vacancier forcé laisse aller la promenade vers des lieux et des situations inconnus. Rue Saint-Bernard, c'est un cordiste peut-être qui analyse la charpente d'un toit depuis le trottoir. Rue de Chanzy, ce sont deux plombiers sans doute qui sortent d'un pressing après y avoir résolu un problème quelconque. Boulevard Voltaire, des adolescents traînent près d'une boulangerie, se moquant de leurs camarades dans un chant de désœuvrement complet. Le supermarché rue Paul Bert est vidé de son affluence. Personne pour acheter fruits et légumes, charcuteries, produits d'entretien. Les diurnes préfèrent jouer les dilettantes au café.

Au Titon, à 15h30, la terrasse est bondée. Deux anciens collègues étoffant leur business plan discutent, un jeune affairé à des calculs mathématiques gribouille sur sa copie et deux mamans les berceaux à côté tchattent leur iPhone à la main. Paris fait la sieste. Paris dort d'un sommeil lourd. Paris rêve d'un été chaud. Et moi, dans cette atmosphère apaisante et ralentie d'un jour d'été assommant, j'erre, je trouve une ombre, un parc, et dans ce parc le sommeil dont tous les diurnes parisiens sont emplis.

Monday, September 19, 2011

Où aller faire pipi à Paris ?

C'est maintenant une réputation qui a fait le tour du monde : il n'y a pas de toilettes publiques dans les villes françaises, et quand il y en a, on les repère à l'effluve désagréable qu'elles dégagent. Vrai ou faux ? Vrai et faux... cela commence à changer, même si l'envergure des projets reste à "petite commission": on construit des toilettes appelées "sanisettes" accessibles directement depuis la rue, ne contenant qu'une toilette. Cela fait bizarre de se retrouver coupé de l'activité urbaine parisienne par une simple porte à fermeture automatique. On prie alors pour que leur système ne se dérègle pas. On est loin encore des superbes complexes de toilettes installés dans d'autres villes européennes (je ne citerai que Lisbonne et Vienne en exemple). On est loin aussi des recommandations hygiéniques : dans bien des cas, outre l'odeur désagréable, il manque toujours du papier et du savon, à croire que nous exportons la totalité de notre production de savon de Marseille et de PQ à l'étranger. (Nous ne parlerons pas ici de la balance commerciale déficitaire de la France)

Vient alors une question tout aussi naturelle que le besoin qu'elle mentionne: où aller faire pipi à Paris ? Après plusieurs promenades dans Paris, je me suis rendu compte que bon nombre de toilettes accessibles gratuitement s'offrent au badaud averti, bien que n'étant pas gérées par la ville de Paris. 

Dans le Marais, de belles toilettes sont à votre disposition à l'espace culturel suédois (rue Payenne). Il suffit de pénétrer dans la cour de l'hôtel particulier du 16e siècle (doté d'une belle toiture rénovée en 1965-70), d'entrer par la porte de gauche et de rejoindre l'étage inférieur par un escalier en bois. Au fond d'un couloir sur la droite, l'affichette WC indique qu'on y est presque. Derrière deux portes en bois, deux jolies cuvettes attendent dans la fraîcheur de leur jeunesse la personne pressée ou prévoyante. Papier et savon sont fournis, ainsi qu'un sèche-main. En quittant le lieu, on remarquera la prévenance suédoise: "merci d'éteindre la lumière en quittant le lieu". Faire ses besoins avec conscience écologique, c'est possible à Paris !

Un peu plus loin dans le Marais, le centre culturel suisse (rue des Francs-Bourgeois) invite le passant dans sa boutique et son centre d'art contemporain (au fond d'une impasse à droite). Dans les deux cas, ce seront de magnifiques toilettes sentant la fleur des Alpes qui vous accueilleront enthousiasmé. Les Suisses sont prévoyants et gentils. Grâce à eux, Paris fait sa toilette, même au coeur du Marais !

Après Beaubourg, on pense rejoindre une zone obscure et en travaux: le forum des Halles. Le coeur de Paris, défiguré par des travaux d'embellissement (il faut dire qu'ils avaient pas mal amoché le lieu par le passé). Celui qui pense que cet endroit ne possède pas de toilettes se trompe. Ce n'est pas en surface qu'il faut regarder, mais bien sous terre: l'escalator de l'entrée ouest du forum des Halles débouche sur le cinéma UGC. En entrant dans le cinéma, montez par l'escalator sur la gauche vers les salles 20, etc. Sur votre droite, vous verrez alors des toilettes en libre accès. Certes, la qualité suédoise ou suisse n'est pas de la partie. Le fin limier que nous sommes ne fait cependant pas la truffe difficile: la légère odeur de pipi mêlée à celle du sucre des pop-corns est acceptable, et le savon ne manque pas.

Peut-on finir sur une semi-victoire ? Non. Il faut aller plus loin. Plus loin, c'est au-delà de l'avenue de l'opéra, place Vendôme. Outre les bijoutiers et le ministère de la justice dans l'hôtel de Bourvallais, il y a le Ritz. Ritz Paris... le fameux hôtel de luxe où le prix des chambres dépasse l'entendement, peut-être même la décence ?
 

Si le prix des chambres y est cher, les toilettes sont, elles, gratuites. Quand vous entrez dans le Ritz (un portier fait tourner le tourniquet pour vous et vous salue, ne répondez pas, trop de sympathie envers ce simple valet d'hôtel pourrait susciter des soupçons), continuez tout droit dans le hall principal en passant devant un bar (accessible par une porte sur la gauche, où la tartelette aux fruits rouges est au prix de 27€ seulement pour un décor boisé chic), dépassez un salon sur la droite pour finalement arriver au bout du couloir à quelques mètres seulement de l'entrée d'un restaurant. Sur votre droite, de hauts miroirs signe indubitable de richesse cachent de magnifiques toilettes marbrées et dorées, où papier toilette, savon et serviettes foisonnent et vivent une parfaite amitié (photos à l'appui ci-dessous). Ici, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. Un robinet doré représentant dans sa plus pure ondulation le cygne du lac tousse l'eau moelleuse sur les pores de la peau adoucie. La promenade à la recherche de toilettes propres atteint le nec-plus-ultra. Et les plus chauvins de se faire gonfler: "c'est au coeur-même de ce qu'on appelle le luxe à la française que l'on trouve les meilleures toilettes !" Certes. Et si on chargeait le Ritz de la propreté des toilettes dans tout Paris ?






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