Monday, September 27, 2010

Un p'tit coin d'paradis....?

C'est la CRIIIIIIISE !!!!.... la crise du logement en France, ça ne date pas d'hier... ça prend juste des proportions de ouf. Les loyers à Paris sont excessivement hauts car le marché n'est pas parfait. Trop peu d'offres de location et une demande très élevée. Pourquoi laisse-t-on faire le marché ? En ce moment les loyers atteignent des niveaux records, les salaires ne compensent en rien ces hausses démesurées. L'accès au logement est entravé par les agences immobilières, qui fortes de leur position sur le marché, dictent leur loi et choisissent les dossiers de manière obscure. Quels sont les critères d'accès au logement ? On se fout pas mal des situations de chacun, le meilleur salaire prime, et de préférence avec de bonnes garanties financières. 
Face à cette recrudescence d'inéquité, il faut agir. Il faut rendre le logement accessible aux actifs jeunes, avec des salaires encore "jeunes"... tout le monde ne peut pas gagner des cents et des mille - surtout avec notre système maniaco-capitaliste du moment. Comment se fait-il qu'avec un CDI on puisse se faire refuser un dossier "parce qu'on est encore en période d'essai"? Personne ne dit cela ouvertement, mais entre deux dossiers, l'un en CDI depuis deux ans et l'autre en CDI depuis un mois toutes choses étant égales par ailleurs, on devine déjà qui gagnera...
Alors on se dit qu'il faut arrêter ce système complexe, où chaque élément devient finalement un outil de discrimination. C'est un peu l'idée et le contenu de ma lettre aux instances suprêmes de la République. Qui sait, avec un peu de chance, on me proposera peut-être trois mètres carrés pour planter ma tente dans les jardins de l'Elysée ?


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SCP/UT/D091197


Cher Monsieur,

Le Président de la République m'a confié le soin de répondre au courrier que vous lui avez adressé le 24 septembre 2010.

Je puis vous assurer qu'il a été pris connaissance avec attention des réflexions dont vous avez bien voulu faire part au Chef de l'Etat.

J'ai aussitôt communiqué vos remarques au Secrétaire d'Etat chargé du Logement et de l'Urbanisme et au sous-préfet, chef de cabinet du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris plus particulièrement compétents pour les examiner et vous faire connaître la suite susceptible d'y être réservée.

Bien cordialement.


Le Chef de Cabinet
Cédric GOUBET

Thursday, September 23, 2010

Paris sur scène

La nuit Paris ne désemplit son coeur moteur
Et mon coeur pécheur noyé par l'incertitude
Epuisé de battre à blanc blanc quitte la scène
Paris perdus une âme à Paris est perdue

Paris ses quais pour scène et sur mes joues sa pluie
Ses artistes célèbres et leur air d'acajou
Dans le ciel de Paris pleuvent de mièvres larmes
Sous le Pont Mirabeau roucoule coule la Seine

Freine la voiture réfrénée la tristesse
Les nerfs à fleur d'Apo ma main était ta main
Mon regard ton regard et sur le trottoir blanc
Je vais en doux fantôme tuer un corps trop lourd

Friday, September 17, 2010

Oh, la vache !

Ce matin, place de la République à Lyon, des producteurs syndiqués ont installé des stands de vente directe aux consommateurs. C'est fou ce que c'est bon marché ! Les plateaux de pêches à 6€, le kilo de poires à 1,5€, les reblochons à 7€... nettement moins cher que dans la grande distribution. Des pancartes sensibilisent les consommateurs au fin fond du problème de pouvoir d'achat dans notre pays de tradition agricole: la (grande) distribution. A titre d'exemple, une pancarte illustre la hausse du prix de la viande de boeuf dans la grande distribution: +50%, tandis que le prix de vente du producteur a baissé de 8%... Qui s'empoche la différence ? Tiens, tiens, mystère et boule de gomme ! Dans tous les cas, le consommateur paye et a le mauvais rôle de la vache à lait. Les producteurs, qui devraient porter hauts et fiers les armoiries de leur métier, pataugent dans la boue. Contestation quand tu nous tiens !... De quoi créer un conflit de canard entre les vaches françaises et européennes !


Si la grande distribution gagnait ses marges uniquement sur le dos des consommateurs... Il semble qu'elle fasse pression sur les producteurs en maintenant des prix anormalement bas qui ne tiennent pas compte de la hausse accordée au salaire minimum. Résultat: les producteurs perdent beaucoup de blé - au sens ici de tune, flouze, argent, euros sonnants et trébuchants !... et leur pouvoir d'achat en est d'autant plus touché. Quid des aides européennes ? N'entend-on pas que la France reçoit la majeure partie des aides à l'agriculture ? Je suis encore profane sur le sujet...


Oui, notre pays a besoin de réformes, de répartition plus équitable des richesses. Oui, il faut mettre le holà quand le dogme du libre marché détruit le tissu social acquis par plus de 100 ans de luttes des syndicats et réformes progressistes - ce n'est pas un syndicaliste qui parle ! Oui, attelons-nous à ces changements... en commençant peut-être par manger un bon picodon ardéchois ?

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Sunday, September 05, 2010

Eiffelturm in Paris?

Jetzt halte ich dies auch für wahr: in Paris kann man den ganzen Tag in der Stadt herumgehen und den Eiffelturm gar nicht sehen. Ausflug in die Ile Saint-Louis... dort, wo man gutes Eis von Bertillon essen kann. Lust auf einen französischen Kuchen?... Einige gute Pâtisseries - Konditoreien bieten sehr gute éclairs an... Die Seine rauscht. Auf einer Brücke lehnt man sich ans Geländer an und ißt vor einer traumhaften Aussicht in Ruhe seinen Eclair (den ißt man in einem Blitz!). Wo ist der Eiffelturm? In so einem exquisiten Moment ist es gar nicht die Frage. Etwas später geht man ins Marais flanieren. Engere Gassen, Künstlergalerien, nette Avantgarde Geschäfte... Was willst du mit deinem Eiffelturm? Noch einmal hier is's ma völlig wurscht!... Noch später, sagen wir um 16 Uhr, mündet der Spaziergang in den Luxemburggarten. Der Ausflugspartner erzählt eine interessante und lustige Geschichte. Auf die Aussicht paßt man gar nicht auf... Der Eiffelturm enthüllt seine Spitze hinten im Himmel. Und doch hat man ihn übersehen... es ist also wahr: in Paris kann man einen ganzen Tag lang hupfen und hatschen, den Eiffelturm doch gar nicht sehen!

Saturday, September 04, 2010

3000 km en 8 jours...

Dans trois jours, c'est le grand départ pour un voyage de presque 1500km vers l'est. La traversée de l'Europe de l'ouest jusqu'à sa borne la plus à l'est: Vienne. Un voyage de deux jours, suivi quelques jours plus tard d'un voyage de presque 1500km vers - paraît-il - la plus belle ville du monde, LA ville des amoureux, la ville hébergeant la Dame de fer, une ville au coeur métissé: Paris. Vienne - Paris. Que vienne Paris après Vienne, on fait les paris ?

Un voyage par la Suisse et l'Allemagne, par de hauts lieux de culture européenne comme Salzburg, Munich ou Strasbourg. Un voyage éclair dans une Europe aux climats variés. Un voyage alpin d'un bout à l'autre des Alpes: le Leopoldsberg est l'une des dernières collines des Alpes... après, ce sont les Carpates.

Un voyage liant les valseuses parisiennes aux bals viennois, Offenbach à Strauss, le Jugendstil à l'Art Nouveau, la Sezessionsgebäude aux bouches de métro parisiennes, la Karlskirche au dôme des Invalides, la scène underground viennoise aux petits théâtres parisiens... 

Un voyage linguistique allant des Ersatz ou des Vasistas aux schmafu sans Retourfahrt... 
Un voyage dans l'histoire sur les pas de Marie-Antoinette, de Napoléon, de l'Aiglon...

Un voyage dans la littérature de Zweig, ce Viennois dont les histoires voyagent toujours vers l'ouest, de Paris à Monte-Carlo...

Un mic-mac ou Mischmasch dans ma tête, désormais austro-francaise, sensible aux sonorités autrichiennes et à la bonne franquette francaise... mach ma's locker vom Hocker... et à bientôt !

Wednesday, September 01, 2010

Les Parisiennes: histoires croustillantes tout juste sorties du four

Dans le métro, des contrôleurs montent. Le train roule, fenêtres ouvertes. On ne s'entend pas dans ce chaos sonore et ferreux. Paul à Mimi:
"Zut, triple zut ! Les contrôleurs et notre pass qui n'a pas fait bip-bip dans la machine hors service tout à l'heure.
- Tu n'as pas fait pipi ?
- Hein ? Je te dis que les contrôleurs arrivent et que ca n'a pas fait bip-bip !
- Comment ca ? Je ne vois pas le rapport entre les contrôleurs et faire pipi."
Les contrôleurs s'approchent. Une contrôleuse du groupe, corpulente en chair et dans l'esprit, prend les pass sans dire bonsoir. Elle fronce les sourcils et s'exclame dans une voix proche de celle d'Arletty:
"Vous n'avez pas validé vos pass !"
Mimi ne comprend pas encore la situation. Le bruit est tel ! Paul:
"Le tourniquet ne fonctionnait pas. Ca ne pouvait pas faire bip-bip.
- Oui, mais sachez que très bientôt ce sera considéré comme une infraction.
- Mais ce n'est pas nous. C'est le tourniquet qui ne marchait pas là où nous avons pris le métro !
- Oui, mais sachez que très bientôt ce sera considéré comme une infraction.
- Mais ce n'est pas... bon."
Mimi dit alors en souriant à la contrôleuse :
"Ne vous inquiétez pas, Madame. Il n'y aura pas d'infraction : il va attendre d'être à la maison avant de faire pipi !"

Morale de l'histoire: attendez l'arrêt du métro pour vous exprimer !

Sunday, August 29, 2010

Chasseur d'étoiles filantes

Comment chasser les étoiles filantes ? A peine les a-t-on repérées qu'elles se dérobent astucieusement entre les astres du ciel d'été. Un peu comme dans une chanson de Nina Simone, le piano accompagne la chute et les phases lumineuses avant de rester seul dans la pénombre.

Il y a ensuite d'autres chasseurs, par exemple ceux cherchant dans les ghettos pauvres américains des têtes de turcs pour contracter des crédits à taux élevés. Wall Street vs. Cleveland, nous y sommes. Un documentaire procès d'une tragédie causée par les dérives du capitalisme. Plus d'une centaine de milliers de foyers américains à la rue. Des zones résidentielles complètement dévastées par les actes de vandalisme et les pillages. Des traders aux bonus confortables, injustement gratifiés, tranquillement installés dans la pénombre après un passage éclair semblable à celui d'une étoile filante. Les traders sont-ils des étoiles filantes ? La métaphore fait sourire. Dans les deux cas, il faut faire un voeu lorsqu'on en apercoit.

On se dit tout d'abord: comment les gens peuvent-ils être si crédules ? Un type de Cleveland a fait refinancer sa maison de 26 mille dollars deux fois. La première fois par une réestimation à 44k. La deuxième fois par une réestimation à 71k. Comment peut-il croire à une telle hausse ? Comment peut-il seulement considérer le crédit comme une solution dans son cas - crédit pour consommer ?

Il y a ensuite les courtiers, les mauvaises pratiques. On augmente le salaire des clients sur les formulaires afin de procéder à de plus hauts crédits. Il y a la logique des crédits elle-même : si un type est peu solvable, on lui propose un crédit avec un taux à 14% au lieu de 7%, afin de compenser le risque pris... mais comment un type peu solvable au début pourra-t-il rembourser un taux d'intérêt plus élevé ? Comment se fait-il que des banquiers sortis de grandes business schools comme Harvard n'aient pas plus de bon sens dans leur travail ?

Il y a enfin le discours affligeant d'un ancien conseiller du président américain. Comment ne pas rire en entendant le discours idéologique d'un gars qui serait déjà dangereux employé fictivement à la mairie de Paris ? Sa référence pour analyser l'économie actuelle, c'est la Main Invisible d'Adam Smith - fin 18e siècle... rire gras ! Sûr qu'Adam Smith a développé son concept en tenant compte de la titrisation des crédits, du système boursier de Wall Street. Sa vision de l'histoire économique, c'est la pauvreté partout dans le monde jusqu'à ce que le capitalisme - américain - vînt sauver la planète. Les Chinois ont vécu dans la pauvreté pendant des siècles, les Indiens aussi... 4000 ans d'histoire chinoise passent avec lui à la trappe. Cet ancien conseiller s'est-il seulement une fois demandé combien de personnes le capitalisme et ses dérives a-t-il rendu pauvres ?

Bien d'autres éléments de ce documentaire laissent coi. Simplement aller voir le film... et croire ce que les oreilles entendent !..

Thursday, July 29, 2010

24 heures dans la vie d'une femme

Zweig le raconte avec merveille, parfois la raison qui semble faire la force de l'être humain sait le quitter. C'est à ce moment - hautement déraisonnable - que l'essence de l'être se dévoile. C'est une chair de sentiments et d'impressions parfois succints qui arborent un ciel nouveau étoilé.

Petite marche entre les bons de ce monde. La période des soldes touche à sa fin. Pour s'habiller en textiles nobles, merci de patienter jusqu'à janvier prochain: vous pourrez alors enfin, avec quelques mois de retard, profiter de la dernière tendance. Quel supplice de ne pas faire partie de ce monde riche et insouciant, mais aussi quel soulagement que celui de pouvoir s'attacher aux traits des êtres alentour autres que leur apparence vestimentaire ! Cette description de la bourgeoisie de Zweig me fait sourire. Peu de changement en bientôt un siècle de capitalisme. Si ce n'est le fait qu'aujourd'hui, les traits critiqués par Zweig remplissent les pages de magazines aux noms plus spirituels les uns que les autres... La couche d'ozone ? Les forêts en Amazonie ?... A l'ère du tout numérique, jamais le visuel sur papier n'a été plus important. On nous pollue les écrans avec de la publicité, et dans les rues les flyers recouvrent le bitume. On institue le travail le dimanche, on veut accélérer le rythme de consommation, on crée le mode de vie acheteur. Alors, stop ! Je dis non !...

Quand pourrai-je enfin petit-déjeuner tranquille avec un oeuf à la coque et des mouillettes ?

Je dis non à cet emportement qui se dit moderne et de son temps. Je dis non à la politique de persuasion, à l'endoctrinement médiatique. Comment la raison arrive-t-elle à nous faire construire de telles horreurs ? Ce sera 24h dans la vie de l'Humanité...

Monday, June 07, 2010

Les Simonades - limonade fraîche et pétillante pour l'esprit !

« Madame Mabille avait répondu qu’elle redoutait, pour une jeune imagination, les pièges du romanesque mais non du réalisme. »

« Ma vie serait une belle histoire qui deviendrait vraie au fur et à mesure que je me la raconterais. »

« « Je voudrais m’endormir et ne jamais me réveiller », disait-elle, et je passai outre ; je savais pourtant combien il peut faire noir dans un cœur. »

« Il souhaitait que son existence demeurât quelque temps encore un grand jeu hasardeux. Tour à tour, les jours qui suivirent, je lui donnai raison et tort. Je décidai que je l’aimais, puis que décidément je ne l’aimais pas. J’étais dépitée. Je restai deux mois sans le voir. »

« Je me repris à l’aimer. J’avais été si loin dans l’indifférence, et même dans le dédain, que ce retour de passion m’étonne. »

« Comme un pendule en folie, j'oscillais frénétiquement de l'apathie à des joies égarées. J'escaladais la nuit les escaliers du Sacré-Cœur, je regardais scintiller dans les déserts de l'espace Paris, vaine oasis. Je pleurais parce que c'était si beau et parce que c'était inutile. Je redescendais les petites rues de la Butte en riant à toutes les lumières. J’échouais dans la sécheresse, je rebondissais dans la paix. Je m’épuisais. »

« Mon pauvre cerveau ! disait-elle en prenant entre ses mains sa petite tête aux cheveux courts. Penser que je ne peux compter que sur lui ! que je dois tout tirer de lui ! C’est inhumain : un de ces jours il va flancher ! »

« Si vous saviez comme je suis spirituel en hongrois ! »

« Un seul printemps dans l'année, me disais-je, et dans la vie une seule jeunesse: il ne faut rien laisser perdre des printemps de ma jeunesse. »

« Je permettais tout à autrui ; mais dans mon propre cas, dans celui de mes proches - de Jacques en particulier -, je continuais à appliquer les normes de la morale chrétienne. »

« Sartre répondait exactement au vœu de mes quinze ans : il était le double en qui je retrouvais, portées à l’incandescence, toutes mes manies. Avec lui, je pourrais toujours tout partager. »


Simonades extraites des Mémoires d'une jeune fille rangée.

Thursday, June 03, 2010

French signature

Tout est dans l'allure !

(Photos: Figaro Madame)
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Tuesday, May 25, 2010

Up in Lyon: un four total en plein centre-ville lyonnais !

Je me suis promené hier en journée et le soir entre le pont Lafayette et la place de la République. Le lieu ressemble à peu près à une ville fantôme américaine des westerns, à la différence près que dans la ville fantôme, il y a encore un saloon d'ouvert. Nous sommes pourtant en plein centre-ville lyonnais...

Je n'avais pas mis les pieds à Lyon depuis 4 ans. Les vitrines de ce quartier sont taguées d'une illusion du luxe où il est écrit "up in Lyon"... Qu'est-ce qu' "up in lyon", ce nom si aguicheur qui ne produit que misère? C'est le nom qu'a donné une entreprise immobilière au quartier Grolée qu'ils ont pratiquement racheté dans son ensemble. Shaftesbury Asset Management, un real estate américain co-dirigé par un certain Miles d'Arcy et son acolyte francais Philippe Camus, un ancien de l'Ecole Normale Supérieure.

"Up in Lyon" loue au prix américain le mètre carré lyonnais. Résultat: "up in Lyon" est un four total et conduit le quartier tout droit "down to hell". Quand je pense que la rue Carnot pourrait abriter de nombreuses guinguettes et petits bistrots sympas dans une ambiance francaise aussi recherchee par les touristes... On aurait pu rendre la rue zone piétonne, avec des terrasses et des lampions partout. Mais on a fait mieux: la rue déserte fait penser à cette pub Lancel avec Vanessa Paradis: "Place Vendôme, minuit". Place au luxe froid, apportant vide et tristesse!

C'est lamentable et révoltant de voir qu'une fois de plus, on pense aux intérêts privées au lieu de penser aux habitants du quartier et de la ville. Comment peut-on en tant que Maire d'une ville faire une erreur pareille? L'heure est grave, d'autant plus que ce même real estate a acheté la société des docks lyonnais, en charge d'un autre quartier de Lyon... Quid des appels d'offres? Pourquoi le Maire de Lyon ferait-il à deux reprises la même erreur stratégique?

En tout cas, on peut remercier toutes ces personnalités de l'ombre - le Figaro Magazine dont c'est la saison ne les mentionne pas - de contribuer à la mort du centre-ville. Personne ne semble râler ici, l'anesthésie est ce que les marchés financiers sont à la mondialisation, générale.


Grolée, futur quartier de luxe ? (Lyon)
envoyé par telelyonmetropole. - L'info video en direct.

Friday, May 21, 2010

An der schönen blauen Rhone - Le beau Rhône bleu

Cette journée était propice à la promenade le long des berges du Rhône. Un peu comme Strauss a écrit le beau Danube bleu, le Rhône prend une allure de Danube sous le ciel ensoleillé et rappelle cet air de valse exquis viennois. Le charme de Lyon réside dans ses deux fleuves. Les berges malheureusement vides et malodorantes pourraient accueillir paillotes, chaises longues et guinguettes! Ce serait magnifique... en attendant, il est intéressant de photographier les lignes. Les lignes des ponts, la sinuosité des berges sont des éléments intéressants de l'architecture lyonnaise.





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Thursday, May 20, 2010

Histoire d'Elégance

Histoire d'élégance, c'est une histoire d'intérieur. C'est une histoire qui va du rez-de-chaussée au quatrième étage des Grands Magasins. Pourquoi les parfums sont-ils toujours au rez-de-chaussée ? Sans doute histoire d'élégance... Et quand on arrive au troisième étage, c'est l'élégance de la table, une mise en scène magique et chaleureuse qui s'offre au curieux amateur de sensations colorées. L'art de la décoration de table, de la nappe à carreaux Vichy au vase alambiqué, s'accompagne gaiement de l'art floral. L'ikebana au Printemps? Cela peut paraître exagéré. Observez les vendeurs et vendeuses mettre en place chaque brin, chaque fleur, vous acquiescerez.
Il y en a pour tous les goûts. Vous désirez? Des couverts verts ou rouges? Des oranges? Des violets? C'est par ici et un choix presque indigne de notre temps s'offre à nos yeux. Quelle opulence, quel choix! Tous les fantasmes sont ici traités avec raffinement et parcimonie. Et pour ceux qui ne sont pas dans leur assiette, il en existe avec des représentations d'hommes célèbres... vu Arthur Rimbaud... manger sur son visage? et si tous ces parfums faisaient frissonner sa narine? La poésie française en tremblerait, pour sûr! Histoire d'élégance histoire d'être élégant est une histoire à prendre avec des pincettes... rouges? vertes ou oranges? violettes? Peut-être roses.







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Une victime au pays de la mode...

Je me promène, je me promène, je me promène... et ça me change les idées. J'observe les passants, je cherche le beau, fais les vitrines et ça m'occupe. Il y a la mode, il y a les modes - observation, analyse, chasse, enquête. Au détour d'une rue, je passe devant une boulangerie. Quel est le goût du pain au chocolat ici ? La France apporte les turpitudes les plus invraisemblables et l'inconscience de la séduction. Pas de pain au choco maintenant ou c'est le passage obligé par la taille supérieure. On en voit une passer la taille mannequin et c'est bon: retour dans le droit chemin, même si tout semble aller de travers. Les affiches, les panneaux publicitaires, têtu la fashion en tête, c'est le Printemps. Dans les vitrines carrées, rectangulaires, transparentes, l'idéal se vend au prix qu'on adore - j'adore. Des montres aux parfums en passant par les foulards en vogue, je cherche le trésor, l'objet charnel qui me donnera de l'allure - homme sport ?...



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Tuesday, May 11, 2010

...dans les planches glissantes...

(...)
Il est toujours bon de relativiser ce qui se passe dans la vie. C’est un peu ma devise cachée. Si je ne la suivais pas, il y a belle lurette que j’aurais sauté par la fenêtre ! Les trottoirs des villes ne seraient pas fréquentables. L’âme saturnienne aux abois, Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville. Verlaine. Laisse-moi ce plaisir de t’écrire les lignes qui suivent. Le temps est gris, les façades sont grises et les gens aussi, s’ils ne sont pas grisés. On est lundi matin. Je me regarde dans le miroir de la salle de bain. Tout le monde est parti, je suis seul dans l’appartement. Je vois mon visage mal rasé. Salut, poupée. Je ne suis pas belle, ce matin.
(...)
Me prendre pour un héros obscur d’un chef d’œuvre cinématographique ? Clairement j’opterais pour la deuxième solution. Et cela peut paraître surprenant : Truffaut aide à relativiser.
Se laisser raconter des histoires par les anciens de sa famille, cela aide aussi. Je me rappelle il y a à peine deux mois au téléphone lorsque ma grand-tante de 95 ans me raconta l’Armistice. Son Armistice. Les bouquins d’histoires ne se préoccupent guère de la vision de la petite fille de trois ans. Elle était dans les jupons de sa mère, la voyait s’affairer à droite et à gauche, déplacer les meubles, préparer des plats, enrouler les tapis. Ce soir, nous allons faire la fête, mon cœur, lui dit sa mère à la chevelure resplendissante. En effet, plus tard un Monsieur arriva. Ce Monsieur dansa follement avec sa mère, ce Monsieur était joyeux et avait un air honnête. Ce Monsieur, elle le regardait avec considération et se dit qu’elle pourrait l'aimer comme son père. Ce Monsieur fut le premier souvenir de son père, inscrit dans sa mémoire à l’instar de hiéroglyphes gravés dans la pierre d’un tombeau pharaonique. Quelle taille donner à mes histoires face à des souvenirs de cet acabit ? Voyez que je relativise !... Cela fait du bien, me calme. C’est une sorte de drogue douce pour cerveaux tracassés.
(...)

Wednesday, April 28, 2010

Les planches glissantes... nouvelle ou roman court?... en cours...

(...)

De ma fenêtre d’appartement, je vois une foule déchaînée, effrontée par sa bonne santé, sa soif d’acheter, de comparer, de détruire et casser. Les gens marchent, se bousculent, accélèrent, se doublent, parfois trébuchent. Ils se voient à peine. Dans un stress sempiternel, ils essayent de se tenir par la main, s'embrasser et vivre dans une insouciance créée de toutes pièces. Et si c’était moi ? Je me vois entrer dans la boutique en face, essayer un pantalon, un deuxième… oh, et puis non, ce sera plutôt ce chemisier rayé. Je me vois à la boulangerie en train d’acheter un croissant et deux pains au chocolat. Je me vois au rayon savon chez Zara Home hésiter entre green herbs et tangerine. Je me vois au Muji de Saint-Sulpice choisir des petits carnets et des stylos à pointe 0,5mm. Je me vois lire au Volksgarten à Vienne par une belle après-midi de juin. Je me vois en promenade avec des amis sur le boulevard Hausmann pour y découvrir les vitrines de Noel. La vie a des côtés plaisants qu’on réalise une fois arrêté.

J’ai sauté du train en marche et je le vois maintenant passer. Quid du quotidien viennois ? Le trouverai-je si amusant à mon retour ? Comment se déshabituer de prendre son temps ?

La douleur. Elle hante les journées et les nuits. Elle déstabilise. En toile de fond le souvenir de la première nuit à l’hôpital. Jamais je n’aurais imaginé que le corps humain puisse faire ressentir de pareilles douleurs. Les doigts se crispent, l’abdomen prend une crampe, les narines se mettent à vibrer, les lèvres se figent. On a l’impression de se cristalliser. On perd le contrôle de soi-même. La douleur règne en maîtresse dans un corps qu’on ne reconnaît plus comme étant le sien. On gémit, on crie, on hurle à chaque nouveau coup de marteau. Les yeux vacillent. Rapidement, l’infirmier arrive. Il administre une dose de morphine et essaye de rassurer, de calmer, de rationnaliser. Sur une échelle de 1 à 10, où situeriez-vous la douleur ? Au début, on dit 5, on ne s’avance pas trop. Puis lorsqu’on connaît les crises de douleur, on comprend le sens d’un 8 ou d’un 9. Mais qui n’a jamais osé dire 10 ? Ce chiffre-là, je le réserve pour l’innommable. Sans doute serai-je inconscient depuis longtemps à ce moment-là.

***

Deux semaines ont passé en amnésie sociale. J’ai évité de sortir, de peur que quelqu’un me bouscule, mais aussi parce que le corps n’y tient pas. Puis vient ce matin où, malgré la fatigue d’une nuit bâclée, la couleur du ciel rappelle combien il est bon de se promener, de sentir sur sa peau les rayons d’un soleil de printemps nouvellement sacré. Aucune motivation extérieure n’est alors nécessaire. Un peu comme les tortues marines gagnent la mer à leur naissance, un instinct profondément humain appelle à quitter son chez soi, à aller au contact de cette foule qu’on détestait encore quelques heures auparavant.

J’ouvre la porte cochère. La lumière du jour jaillit tel un jet d’eau impétueux. J’avance la tête au dehors. Ebloui par le soleil de midi, je la retourne aussitôt. Pour la première fois depuis mon retour imprévu, j’aperçois mon ombre. Je respire un grand coup et me lance. Il faut savoir se faire violence. La journée est admirable.

(...)

Tuesday, April 20, 2010

Un peu comme Antoine Doinel?

La saga de Truffaut sur les aventures d'Antoine Doinel est remarquable. Je ne comprends pas pourquoi certains films ne rentrent pas dans l'enseignement obligatoire des lycées... tout a commencé par les 400 coups, un film semi-autobiographique qui raconte l'enfance peu chanceuse de ce petit Antoine. Quelques années plus tard, Truffaut met en scène la suite, avec le même acteur pour le premier rôle, Jean-Pierre Léaud. Un troisième film paraît: baisers volés, suivi de domicile conjugal et l'amour en fuite. Cette saga sur presque trois décennies est un véritable chef d'oeuvre du cinéma francais, intéressant sur le plan autobiographique, la mise en abîme qui s'opère dans le cadre réalisateur-acteur acteur-écrivain et le style cinématographique exquis de Truffaut! Je suis fan.

Comment définir une personne sans adjectif qualificatifs? La réponse est dans Baisers volés quand Antoine se surprend à répéter face au miroir le nom de deux femmes qu'il prétend aimer. Quelle scène époustouflante de vérité!

Et si cet Antoine, ce n'était finalement pas ce que chacun rêve un peu d'être? Autonome et débrouillard, aimant et aimé, quelque part facile à vivre et trouvant une solution à tous les problèmes, parfois sans vraiment les cerner, sans vraiment savoir ce qu'il veut, vivant sur ses envies du moment. Toutefois, il trouve la patience et l'énergie pour écrire. Il s'en sort financièrement et semble s'accomplir.

Paris. L'espace joue un rôle important dans ses films. Truffaut a sa facon de filmer Paris. Il joue sur les facettes de la ville, les quartiers, le métro, les balcons, les bistrots. Filmés ailleurs, une toute autre atmosphère se dégagerait des films...

Sunday, April 18, 2010

Une vie de magazine...

Vous est-il déjà arrivé de penser que vous meniez une vie de magazine? Mes deux dernières semaines se résument à la lecture de magazines de déco et du Figaro Madame, d'autres lectures comme Simone par exemple m'étant encore difficiles, non pas par manque d'intérêt, mais parce qu'un picotis ou une douleur musculaire ou nerveuse vient toujours s'immiscer entre deux mots. Le magazine, basé bien plus sur l'image, m'est alors plus agréable. Je sais maintenant que la nouvelle pub du Caron pour femme n'est pas du tout réussie. Je connais la mode homme préconisée par le Figaro, mettant à l'honneur cette année le short et la barbe: le poil revient en force pour cet été. Le conseil détox d'une actrice british est de boire une cuillère d'huile d'olive avant de dormir... et la cerise sur le gâteau: la rubrique people de Stéphane Bern, où l'on voit princesses, barons et Karl Lagerfeld en déshabillés aux mille et une couleurs se pavaner grassement. La vie de magazine, c'est vraiment chouette. J'adore la déco de la cuisine très an yeah, un peu "out" comme ils l'écrivent eux-mêmes et pourtant tellement "in" sur le revers.
Pour accompagner la vie de magazine, il y a un chocolatier lyonnais dont on devient tellement accroc qu'on croirait à une religion: le dufouisme. "Au nom dufoux." "Ramène." Et c'est une sorte d'ostie en chocolat à paillettes glamour-or que vous attrapez en bouche, avec ganache fondante. Ne colle pas au palais. Figaro Madame? Oui. Déco? Oui, oui! La vie de magazine, c'est savoir dire ce oui enfantin que l'on retrouve chez les enfants dans le film "un homme et une femme" de Lelouch.

Les terrasses du Printemps

Lyon. Deuxième ou troisième ville de France, de nombreuses terrasses et deux fleuves. C'est le décor pour ce Printemps si précipité. Derrière la rue de la Ré, pas loin de l'hôpital et d'une brasserie réputée, entre une pizzeria et un bar gay friendly, une terrasse ensoleillée. Ici s'affalent les Lyonnaises et les Lyonnais, bimbos, chics, parfumés. On navigue entre les genres et les styles, tous plus honorables les uns que les autres. Les arbres libèrent les premiers bourgeons et les bourgeons leurs premières fleurs. Comme un été prématuré, quelque part inespéré, on se laisse aller à la romance ambiante et se surprend à rêver. Salade légère ou pizza? Le serveur vous tirera de votre rêverie fine et vous répondrez: les deux. Vous ne serez pas décu! Les salades sont copieuses et variées et les pizzas ont une pâte fine comme le sable sur les dunes et sont amoureusement garnies. Retombons nous alors dans le coquillage et crustacés? Tout cela est dénué de sens.

Sur les berges du Rhône, on vit paisiblement. Certains sont assis en terrasse, discutent en famille, entre amis. D'autres sont allongés dans l'herbe et prennent un bain de soleil. Assis sur un muret à l'ombre du platane aux feuilles naissantes, humant le souffle délicat du mistral, on se surprend à fredonner "entre les deux mon coeur balance".

Thursday, April 15, 2010

les planches glissantes

Le monde bouge, s'active, s'agite et lorsqu'on fait partie de cette activité de fourmi fonçant tout droit sans regarder, on ne remarque pas à quel point ce tralala qui tend plus vers le marasme de toute une espèce que vers son apogée est inutile et fallacieux. Et puis soudain il y a les planches glissantes. Ces planches qui à elles seules sont capables de changer le destin d'une fourmi parmi tant d'autres. Ces planches du carrousel du port de Honfleur affranchies par tant de sauts et de pas d'enfants, dévastées par les pluies normandes, vraies moussons atlantiques. Ces planches aux contours parfaits et si chaleureuses qu'elles invitent l'inconnu à gambader dessus. Ces planches toutefois sournoises qui font glisser, chuter sans finesse les badauds aux os fragiles. Ces planches, elles m'ont attrapé dans la fraîcheur de ma jeunesse, dans l'insouciance de mon adolescence tardive et j'ai chuté.
La chute d'un corps. Rapide, presque silencieuse, sans cri, sans heurt. Le corps chute et c'est tout autour le monde qui bascule. On est sonné. La tête saigne-t-elle? Je ne crois pas. On entend des voix inquiètes approcher. Non, je vais bien, voudrait-on dire, mais on peut à peine le chuchoter: la voix comme mutilée, on ne peut parler. Il est impossible de se relever. Le bras droit nage curieusement dans la manche du blouson. On commence à comprendre, à réaliser, à graver en soi les premières images d'un drame lourd de conséquences. On se fait aider, on balbutie quelques mots saugrenus, on s'en veut. Finalement rien n'y change, les faits sont là. Les pompiers arrivent et le monde s'arrête: le corps lui-même est atteint et il est inconcevable de continuer sans un passage par la case hôpital.
L'hôpital, c'est la découverte de la douleur et l'expérience de la morphine, la rencontre d'une myriade d'infirmiers et infirmières, aides soignantes et médecins au service du soulagement de la douleur et de la "réparation": nous sommes des playmobiles, avec une âme et un coeur en plus. Et ces deux éléments apportent beaucoup, il faut reconnaître!
Il y a les amis, le réconfort, les visites, les appels. Il y a tout ceux qui nous entourent et nous font du bien. Les amis, c'est une sorte de morphine, lorsqu'ils nous soulagent et apportent du bonheur entre quatre murs d'un blanc stérile.
Puis il y a la sortie, le début de guérison, la peur de tomber, d'être bousculé par la foule déchaînée, effrontée par sa bonne santé. Le repli chez soi. On voit d'en haut les gens marcher, se bousculer, accélérer, doubler, parfois trébucher. On les voit aussi se tenir par la main, s'embrasser et vivre dans l'insouciance de leur jeunesse. Ah, la jeunesse! A quand le regain d'énergie? Affaire à suivre...